Portrait croisé :
Anaïs et Aliya

L’une est travailleuse sociale, l’autre est un bénéficiaire de l’association. À la genèse de leur lien (formel), Anaïs et Aliya se sont, pour la première fois, rencontrés au local de Famille au grand cœur, à Montpellier. Le but (principal): une procédure visant à obtenir le statut de réfugié. Comme pour chaque jeune, «j’accompagne Aliya dans son insertion sociale et professionnelle. Je l’aide aussi dans l’ouverture de ses droits et démarches, notamment sur le volet de l’asile (création de dossiers, récit de vie, participer aux rendez-vous).» 

De cette manière, Aliya sollicite Anaïs dès que le besoin le nécessite, «régulièrement». Et ce, jusqu’au terme de son parcours pour recevoir la protection de la France, auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), son actuelle et seconde alternative (après un refus de l’OFPRA). Soit, un sacré investissement pour l’une, un important processus pour l’autre.

Qui sont-ils ?

Anaïs, éducatrice spécialisée, découvre Famille au grand cœur, en mars 2021 (date de création de l’association). «J’étais stagiaire dans une association qui accompagne également des jeunes LGBT, structure où j’ai rencontré Youba Toure, Nicolas Noguier, Frédéric Gal, les administrateurs (de l’époque, NDLR) et les jeunes», confie-t-elle. Très sensible à la cause défendue, elle suit le projet de près. Et, finalement, elle saute le pas et tente sa chance. «Une travailleuse sociale, que je connaissais, m’a dit que Famille au grand cœur recherchait une personne pour accompagner les jeunes dans leurs démarches.», explique Anaïs. Dès lors, l’actuelle travailleuse sociale postule et, rapidement, l’aventure commence. Ce qui, à ses yeux, portait (c’est encore le cas) tout son sens. Aujourd’hui, dans ce qui est l’essentiel de son travail, elle suit les 50 jeunes bénéficiaires de Famille au grand cœur, dans la mesure de ses capacités. «Toutes les situations sont uniques. Il faut donc s’adapter à chacun, et procéder différemment d’un jeune à l’autre.», souligne-t-elle, n’hésitant pas à dire qu’elle n’a pas toujours la solution aux problèmes des jeunes, qui ont «un vécu difficile », et qui « ont besoin de sincérité» et de soutien.

Le petit plus d’Anaïs : «Je monte des ateliers éducatifs et les accompagne lors d’animations extérieures pour favoriser l’insertion, l’autonomie et surtout pour tisser des liens avec eux. Ce qui me permet de découvrir de nouvelles activités, de les sortir du quotidien et de partager un moment informel, en dehors de mon bureau.»

De son côté, Aliya, jeune demandeur d’asile de 19 ans, découvre Famille au grand cœur, peu de temps après sa création. Et ce, grâce au SPADA. Directement l’association l’adopte et lui aussi. À tel point qu’il finit par s’y rendre presque tous les jours de la semaine afin de participer à l’essentiel des activités et d’être accompagné au mieux dans ses démarches. «J’ai fait les emballages cadeaux (chez Alice Délice, en décembre 2021, NDLR), je suis bénévole aux restos du cœur, je suis même allé au premier tournoi de foot organisé par Alpha Protect», précise-t-il, à propos de son implication, au sein et en dehors du local.

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