PORTRAIT CROISÉ

Jean-michel et moussa

L’un est accompagnant, Jean-Michel, l’autre est accompagné, Moussa. À la genèse de cette relation intergénérationnelle, les deux hommes se sont, pour la première fois, rencontrés le 23 mars 2022, à l’occasion d’une convocation à la préfecture de police de Toulouse (Moussa dépend de la procédure de Dublin, NDLR). « Ce moment fort émotionnellement (difficile et douloureux aussi, face à la dureté et la froideur des annonces et décisions administratives) a été, selon moi, un catalyseur dans le partage, la proximité et la connaissance avec lui. », confie Jean-Michel.

D’un jour après l’autre, l’échange entre eux s’est intensifié, a pris de l’importance. Les rencontres formelles (lors de rendez-vous procéduriers, notamment) ont rapidement laissé place à un lien plus humain et amical. Entre loisirs, partages d’expérience et moments conviviaux ils ont appris à se connaître, à ouvrir leur cœur, à s’apprécier, à s’écouter, à se rassurer. « Il m’a fait découvrir beaucoup de lieux autour de Montpellier, ainsi que la cuisine française. »confie d’ailleurs Moussa, arguant la gentillesse de son ami-hôte. « Nos sorties lui apportent un peu d’évasion, lui permettent de s’évader un peu de son quotidien (de même que ses préoccupations). », raconte Jean-Michel.

Finalement, l’accompagnement a laissé place à une relation plus grande encore, au cœur de l’humain, faits de moments privilégiés. Il y a eu des balades, des repas, des verres et des cafés, des discussions sincères, des demandes (de nouvelles) aussi. Tel un aîné et un cadet, sinon un père et un fils, Moussa et Jean-Michel se sont finalement liés et rencontrés toujours au quotidien… pour devenir une famille, une famille au grand cœur.  Magnifique !

Qui sont-ils ?

À la retraite depuis deux ans maintenant, Jean-Michel découvre Famille au grand coeur sur les réseaux sociaux et par l’intermédiaire de Nicolas Noguier (qu’il connaissait déjà lors de sa présidence du Refuge). Au fil des jours, puis des mois, il suit chaque avancée entreprise au sein de l’association, ce qui constituera le moteur de son présent engagement. « C’est une cause qui me touche beaucoup, tant sur les aspects LGBT, humain, amical et familial que dans les valeurs défendues. », justifie-t-il. Partant de cette base, il finit par s’engager, un an plus tard, inspiré par l’implication de Nicolas Noguier, mais également des jeunes et des bénévoles. Dès cet instant, il a participé à différentes actions, sorties et réunions, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Jeune demandeur d’asile, Moussa découvre Famille au grand coeur lors de sa venue à Paris (après avoir fui le Mali, à cause de son homosexualité), sur Internet, le 25 janvier. « J’ai [alors] contacté la travailleuse sociale de l’association, Anaïs Trouchet. J’ai raconté mon histoire, elle m’a aussi posé des questions et invité à se rendre à Montpellier. Un jour plus tard, après avoir pris le train, j’arrivais dans la ville puis, peu de temps après, j’étais accompagné. », confie-t-il. Membre actif au sein de la structure, il est de toutes les actions, participant notamment aux collectes de nourriture (à la banque alimentaire et en supermarché), sinon des événements et activités. Et actuellement, le jeune homme entend aller plus loin encore, puisqu’il souhaitait intégrer le conseil d’administration de Famille au grand cœur.

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ANAÏS ET ALIYA

L’une est travailleuse sociale, l’autre est un bénéficiaire de l’association. À la genèse de leur
lien (formel), Anaïs et Aliya se sont, pour la première fois, rencontrés au local de Famille au
grand cœur, à Montpellier.

HAMID ET SANDRINE

Portrait croisé : Hamid et Sandrine L’un est aidé, l’autre est aidant. À l’origine de leur premier échange (associatif), un lieu… ou plutôt une pièce. Sandrine et Hamid

PORTRAIT CROISÉ : DAOUDA ET CORINNE

L’un réside à Montpellier, l’autre à Paris. À l’origine de leur rencontre, un moment convivial post-entretien à la CNDA, le 20 juin dernier. Corinne Bachile, bénévole, et