Le PIC, la voie vers l’intégration
En place depuis le début de l’année 2024, le PIC (Parcours Intégration Citoyenneté) encadre désormais l’accompagnement de tous les jeunes accueillis par Famille au Grand Cœur. « Nous l’avons instauré suite à la nouvelle loi immigration, qui met l’accent sur l’engagement citoyen et la maîtrise du français », explique Anaïs. Pour satisfaire au mieux à cette exigence, chaque jeune s’engage via ce PIC à réaliser une mission de bénévolat par semaine, à participer à au moins une activité de l’association (jardinage, cours d’histoire, informatique) et à suivre le cours de français, y compris pour les francophones. « Tant qu’ils n’ont pas obtenu leur droit d’asile, les jeunes ne peuvent travailler. Le bénévolat est un moyen de favoriser leur intégration à travers une action citoyenne. Les cours d’histoire et d’informatique renforcent leurs connaissances pour une meilleure insertion sociale puis professionnelle quand ils obtiennent leur statut. Enfin l’apprentissage du français est évidemment essentiel, même pour les francophones qui ne maîtrisent pas toujours la langue à 100%. L’objectif est de pouvoir passer les entretiens à l’Ofpra ou à la CNDA sans traducteur », détaille Anaïs.
L’association Humanitaire de Montpellier est une des structures qui propose des missions de bénévolat. Créée en 2014, cette association qui compte aujourd’hui près de 400 bénévoles, distribue des repas aux personnes en situation de précarité. 5 à 6 jeunes de Famille au Grand Cœur y sont bénévoles une fois par semaine le mardi soir. « Ce sont des jeunes très investis. Ils ont le souci de bien faire. Ils font partie de notre équipe de bénévoles et n’ont eu aucun mal à s’intégrer. Jamais ils ne rechignent à la tâche, même quand on leur demande de faire la vaisselle. Et ils répondent toujours présents quand on leur demande, même s’ils ont déjà assuré leur mission hebdomadaire. Ils sont dans une bonne intention, ils ne font pas ça uniquement pour leur demande d’asile », témoigne Aïcha, la présidente de l’association. Même son de cloche à Emmaüs où Martine, la présidente, apprécie l’investissement des jeunes dans leur mission : « Ils sont très actifs et s’adaptent très facilement. Nous n’avons eu aucun souci d’intégration. Cette mission de bénévolat leur permet de mieux comprendre notre culture, notre société. Ils se sont très vite intégrés. Ce sont des compagnons comme les autres ».
Le PIC a été plutôt bien accueilli par les jeunes. « Il y a toujours une ou deux absences, mais dans la majorité, ça fonctionne bien. Et on voit déjà les bénéfices de ces actions, notamment des cours de français. Nous avons de plus en plus de jeunes qui passent leur entretien sans traducteur », souligne Anaïs. Kerfala peut en témoigner : arrivé en mars 2023 à Montpellier, il ne parle pas français. En rejoignant Famille au Grand Cœur, il s’implique pleinement dans toutes les activités, dépassant même les exigences du PIC : « je suis les cours de français tous les jeudis avec Marie, j’assiste également au cours d’informatique avec Andrew et au cours d’histoire ». En termes de bénévolat, il a commencé par rejoindre l’Association humanitaire de Montpellier où il effectue la distribution des repas tous les mardis soirs de 18 h à 22 h. Puis il a également intégré la Croix Rouge, où il est bénévole tous les samedis matins. « Toutes ces activités m’ont permis de bien progresser en français et j’ai pu passer mes entretiens à L’OFPRA et à la CNDA », confie-t-il. Un parcours vertueux témoignant de sa volonté d’intégration qui a sans doute aussi compté dans l’obtention récente de son statut de réfugié.

