Leur vie après l’obtention de leur statut​

Leur vie après l’obtention de leur statut

Que deviennent les jeunes réfugiés LGBT accueillis par Famille au Grand Cœur, après l’obtention de leur statut de réfugié ? Trois d’entre eux témoignent de leur nouvelle vie et surtout de leur indéfectible attachement à « La Famille » comme ils l’appellent.

Mohamed, 31 ans, a fui la Guinée, son pays natal, pour sauver sa peau. Dans ce pays musulman où l’homosexualité est sévèrement réprimée, il a connu les violences policières, a même perdu un œil après avoir été bastonné. D’où sa décision de s’exiler. Après un éprouvant parcours migratoire, il rejoint Montpellier, ville dont il a entendu dire qu’elle était accueillante pour la communauté LGBT. Fin novembre 2022, ne connaissant personne, il frappe à la porte de Famille au Grand Cœur, dont quelqu’un, croisé dans la rue, lui avait parlé. Quelques jours plus tard, il devient membre et bénéficie de l’accueil et de l’accompagnement de la Famille. « J’étais perdu, je ne comprenais rien de ma vie. Anaïs, Sandrine et tous les bénévoles de l’association m’ont aidé à récupérer physiquement et mentalement. J’ai été accompagné dans la démarche de demande d’asile, entrainé pour passer à l’entretien de l’Ofpra. C’est grâce à eux que j’ai pu décrocher mon statut de réfugié juste après mon premier passage à l’Ofpra. Quand j’ai obtenu mes papiers, je me suis senti en sécurité et libre de vivre sans cacher mon orientation sexuelle. Je suis devenu un combattant pour réussir dans la vie. Deux mois après ma régularisation, j’ai démarré une formation en alternance, trouvé une entreprise de nettoyage pour démarrer dans la vie active. Après 3 mois d’essai, j’ai décroché un CDI, j’ai refait une formation et obtenu à nouveau mon diplôme avec félicitation du jury. Aujourd’hui je continue à travailler dans cette entreprise mais j’ai également créée ma propre société de nettoyage. Je n’oublie pas tout ce qui m’est arrivé mais aujourd’hui, je me sens bien. Je veux réussir professionnellement. Et je reviens très régulièrement à Famille au Grand Cœur. Je leur dois tout et je suis prêt à tout faire pour les aider », raconte-t-il.

D’origine Arménienne, Gevorg est arrivé en France à l’âge de 23 ans dans le cadre du programme Erasmus. Puis il a enchainé avec le service civique pendant un an à Montpellier. En 2020, il fait son coming out et démarre une procédure de demande d’asile car en Arménie, même si l’homosexualité est légale depuis 2003, il n’existe pas de législation spécifique contre la discrimination pour protéger les personnes LGBT et le Code pénal arménien ne reconnaît pas l’animosité due à l’orientation sexuelle. Il commence par rencontrer l’association montpelliéraine le Refuge avec laquelle il commence à travailler sur sa demande d’asile et en 2021, il est l’un des douze premiers membres fondateurs de Famille au Grand Cœur, dont il devient vice-président. « J’ai bénéficié d’un accompagnement pour obtenir mon statut de réfugié, mais c’est surtout les connaissances et les liens que j’ai tissés à travers cette association que j’ai appréciés. Je ne connaissais pas grand monde à Montpellier, je ne travaillais pas. Je me sentais en sécurité à Famille au Grand Cœur, je pouvais y trouver des occupations, j’ai été rassuré pendant les mois les plus difficiles », se souvient-il. Quand il obtient son statut en octobre 2021, il commence à postuler comme réceptionniste dans les hôtels car il dispose d’un diplôme en communication interculturelle, reconnu en France. Il lui faudra 4 mois pour décrocher son premier poste dans un camping de Vias Plage. Il enchaîne ensuite avec un CDD de deux mois au Holiday Inn à Odysseum, puis décroche un nouveau contrat de 15 mois comme réceptionniste à l’Appart’hôtel Odalys City Les Occitanes à Montpellier. Dès lors, il enchaîne les emplois saisonniers du Cap d’Agde aux Arcs en passant par Saint Raphaël où il a décroché un nouveau poste pour cet été. « Le travail n’est plus un souci. J’ai maintenant le choix entre plusieurs propositions. Je me sens bien intégré en France, je vais apprendre l’espagnol car c’est une langue demandée dans mon boulot. Je reste en contact avec l’association, même si les anciens que je connais ne sont plus là. Je suis très reconnaissant à Famille au Grand Cœur de m’avoir aidé à décrocher mon statut. D’ici deux ans, je demanderai la nationalité française pour avoir un CDI »

Salifou est Guinéen comme Mohamed. Lui aussi a été contraint de quitter son pays pour échapper aux violences dont sont victimes les homosexuels dans ce pays. Arrivé en 2018 à Montpellier, il décroche son statut de réfugié en 2021 et tout naturellement adhère à l’association Famille au Grand Cœur, qui lui fournit un logement. « J’ai pris des cours d’intégration, j’ai appris l’Hitoire de France, puis j’ai fait des petits boulots dans le nettoyage. Je travaillais en intérim. Aujourd’hui ma vie a changé. Je travaille à la construction du tramway à Montpellier. Le chantier va bientôt se terminer mais mon patron m’assure qu’il me trouvera un autre chantier. J’ai un logement. Je garde un lien très étroit avec Famille au Grand Cœur. Je continue à faire du bénévolat à la Croix rouge, L’autre jour, je suis allé au stade de rugby pour faire la promo de l’association. Quand j’ai le temps, j’aime bien passer au local pour dire bonjour. Quand on a besoin de moi, je viens. Je n’oublie pas comme j’ai été aidé ». migratoire, il rejoint Montpellier, ville dont il a entendu dire qu’elle était accueillante pour la communauté LGBT. Fin novembre 2022, ne connaissant personne, il frappe à la porte de Famille au Grand Cœur, dont quelqu’un, croisé dans la rue, lui avait parlé. Quelques jours plus tard, il devient membre et bénéficie de l’accueil et de l’accompagnement de la Famille. « J’étais perdu, je ne comprenais rien de ma vie. Anaïs, Sandrine et tous les bénévoles de l’association m’ont aidé à récupérer physiquement et mentalement. J’ai été accompagné dans la démarche de demande d’asile, entrainé pour passer à l’entretien de l’Ofpra. C’est grâce à eux que j’ai pu décrocher mon statut de réfugié juste après mon premier passage à l’Ofpra. Quand j’ai obtenu mes papiers, je me suis senti en sécurité et libre de vivre sans cacher mon orientation sexuelle. Je suis devenu un combattant pour réussir dans la vie. Deux mois après ma régularisation, j’ai démarré une formation en alternance, trouvé une entreprise de nettoyage pour démarrer dans la vie active. Après 3 mois d’essai, j’ai décroché un CDI, j’ai refait une formation et obtenu à nouveau mon diplôme avec félicitation du jury. Aujourd’hui je continue à travailler dans cette entreprise mais j’ai également créée ma propre société de nettoyage. Je n’oublie pas tout ce qui m’est arrivé mais aujourd’hui, je me sens bien. Je veux réussir professionnellement. Et je reviens très régulièrement à Famille au Grand Cœur. Je leur dois tout et je suis prêt à tout faire pour les aider ».

Facebook
Twitter
LinkedIn

Nos autres actualités